Irvin Yalom écrit ce qui suit dans L’art de la thérapie :

« Il est clair qu’un des domaines que nous devons aborder est votre relation aux autres. Il m’est difficile de savoir la nature précise de vos difficultés à ce sujet puisque je ne connais les autres qu’à travers vous. Vos descriptions peuvent être involontairement biaisées, et il me semble que le plus efficace serait de me concentrer sur la relation dont je possède les informations les plus précises – celle qui existe entre vous et moi. C’est pour cette raison que je vous demanderai souvent d’examiner ce qui se passe entre nous deux. »

Cette façon de pratiquer la gestalt-thérapie, avec la posture si particulière du gestalt-thérapeute orienté Relation d’Objet, est aussi appelée « la thérapie du lien » ce qui met parfois en arrière-plan la phénoménologie du client en action. Le corps et ses mouvements est présent dans les séances. Cependant, dans ma pratique, ce pôle corporel est intégré à toute la démarche thérapeutique, au même titre que le pôle affectif et le pôle cognitif. Je tends vers la recherche de l’alignement de ces trois pôles pour que le Self de mon client puisse se déployer.

En effet, peu à peu le lien se tisse entre ces deux personnes uniques dans un espace de sécurité et de bienveillance sans complaisance. Les processus identifiés ensemble pas à pas colorent la relation qui se crée. Ils permettent de sortir des ajustements conservateurs qui sont conscientisés.

Lorsque je sens ce qu’il se passe pour moi, thérapeute, en lien avec l’autre, mon client, sur ces trois pôles (émotionnel, corporel, cognitif) et que je le lui partage, il se passe quelque chose (processus) dans la relation. C’est parce que le gestalt-thérapeute partage ce qu’il vit au contact de son client que celui-ci peut enfin vérifier son impact sur l’autre et s’ajuster peu à peu créativement à son environnement. Il peut alors faire autrement. On parle d’ajustement créateur.